Sur le quai d’un distributeur de pièces détachées pour matériel de motoculture, un carton de quarante litres attend son étiquette. À l’intérieur : un joint de carburateur, une notice, et l’équivalent de deux sacs de papier bulle. Le colis pèse 600 grammes et sera facturé par le transporteur comme s’il en pesait sept. Ce scénario se répète 350 fois par jour dans cette entreprise, et c’est exactement le terrain où l’IA pour la gestion des emballages et conditionnements produit des économies qu’on peut vérifier sur une facture de transport, dès le trimestre suivant.
Le vide se paie au kilomètre
Les transporteurs facturent au poids volumétrique dès que le colis est léger et encombrant. Un carton à moitié rempli coûte donc presque autant qu’un carton plein, occupe la même place dans la tournée, et consomme deux fois plus de calage.
Le taux de remplissage moyen que nous mesurons dans les entrepôts de PME se situe entre 45 et 60 %. Autrement dit, près d’un demi-camion sur deux transporte de l’air.
Faites le calcul sur votre propre activité, il est instructif. Sur 350 colis par jour à 7,50 euros de coût moyen, gagner 8 % sur le cubage facturé représente de l’ordre de 45 000 euros par an, auxquels s’ajoutent le consommable économisé et la place libérée dans la zone d’expédition. Ce sont ces montants-là, et non des considérations générales sur l’optimisation, qui décident un dirigeant.
Faire tenir des milliers de références dans huit formats
Le problème mathématique est connu : choisir la boîte la plus petite capable de contenir un ensemble d’articles, en tenant compte de leur forme et de leur fragilité. Un solveur le résout très bien, à condition qu’on lui donne les bonnes dimensions.
La partie intéressante est en amont. Sur un catalogue de plusieurs milliers de références, l’analyse des commandes passées permet de déterminer la gamme de cartons réellement pertinente : combien de formats, avec quelles dimensions, pour couvrir 95 % des expéditions. Le distributeur cité plus haut utilisait quatorze formats hérités de vingt ans d’habitudes. L’analyse en a proposé huit, mieux répartis, dont deux nouveaux formats plats qui n’existaient pas dans sa gamme et qui absorbaient à eux seuls un quart des commandes.
Moins de formats signifie aussi des prix d’achat négociés sur des volumes plus importants, et un poste de préparation plus simple à tenir. Un préparateur qui doit choisir entre quatorze boîtes prend la plus grosse par sécurité. Entre huit, il suit la consigne affichée à l’écran.
L’obstacle dont personne ne parle en avant-vente
Rien de tout cela ne fonctionne sans les dimensions et le poids exacts de chaque article. Or ces données sont fausses ou absentes dans la plupart des systèmes de gestion que nous ouvrons. Champs vides, valeurs saisies à la louche, unités mélangées entre millimètres et centimètres.
Mesurer trois mille références coûte du temps. Il existe des stations de cubage automatiques, à partir de quelques milliers d’euros, qui prennent poids et dimensions en deux secondes par article. Pour un catalogue restreint, un intérimaire, un mètre et une balance font l’affaire en deux semaines. La bonne stratégie consiste à traiter d’abord les 300 références qui représentent l’essentiel des lignes de commande, puis à compléter au fil des réceptions.
Nous insistons lourdement sur ce point auprès de nos clients, parce que c’est là que meurent les projets d’emballage. La modélisation est la partie facile.
Casse, litiges et sur-emballage défensif
Beaucoup d’entreprises sur-emballent par peur du litige, sans jamais avoir vérifié si cette peur est fondée. Croiser les réclamations transport avec le format de carton, la référence expédiée, le transporteur et la destination donne une image nette en quelques semaines de données.
Les résultats sont souvent contre-intuitifs. Chez ce distributeur, la casse ne venait ni des articles fragiles ni du calage insuffisant, mais des colis lourds mal équilibrés qui s’ouvraient en bas. Le correctif tenait dans une règle de répartition du poids et un changement d’adhésif sur deux formats. Le taux de litige a été divisé par deux sans un gramme de mousse supplémentaire.
C’est le même raisonnement qui structure une démarche d’optimisation de la chaîne logistique par l’IA : chercher la cause réelle avant d’ajouter des couches de protection coûteuses.
Ne pas acheter la machine avant d’avoir fait les comptes
Les machines qui fabriquent le carton à la dimension du contenu, à la volée, sont impressionnantes en démonstration. Elles se justifient rarement en dessous d’un millier de colis quotidiens : l’investissement se compte en centaines de milliers d’euros, il faut du personnel formé, un contrat de maintenance et une place au sol que peu d’entrepôts de PME ont en réserve.
Pour un volume moyen, le chantier logiciel seul, recommandation de format à la préparation et refonte de la gamme de cartons, se situe entre 10 000 et 25 000 euros, avec deux à quatre mois de mise en œuvre. Le retour se lit sur la facture transport, ce qui rend l’arbitrage inhabituellement simple à présenter en comité de direction.
Un dernier volet mérite d’être évoqué : la prévision des besoins en consommables. Les délais fournisseurs sur les cartons personnalisés atteignent régulièrement quatre à six semaines, et une rupture d’emballage arrête une expédition aussi sûrement qu’une rupture de produit. Les mêmes outils d’anticipation des besoins logistiques s’appliquent à ce poste, généralement piloté au jugé. Si vous voulez savoir ce que l’IA pour la gestion des emballages et conditionnements peut réellement vous faire économiser, MINOBIA commence par une lecture de trois mois de vos expéditions et de vos factures transport.
Questions fréquentes
Par quoi commencer concrètement ?
Par la mesure des références les plus expédiées et par l’extraction de six mois de commandes. Sans ces deux éléments, aucun prestataire ne pourra chiffrer quoi que ce soit de sérieux.
Faut-il changer de logiciel d’entrepôt ?
Non dans la majorité des cas. La recommandation de format s’affiche au poste de préparation via une interface légère connectée à l’existant.
Combien de formats de cartons faut-il viser ?
Entre six et dix pour la plupart des activités de distribution. Au-delà, le gain théorique est absorbé par les erreurs de choix au poste.
Les préparateurs vont-ils suivre les consignes ?
Si la recommandation apparaît au bon moment et qu’elle est juste neuf fois sur dix, oui. Une seule mauvaise recommandation par jour suffit à ce que le poste revienne à ses habitudes.
Et pour les envois palettisés ?
Le même raisonnement s’applique au plan de palettisation, avec des gains souvent supérieurs. Le calcul porte alors sur la hauteur utile et la stabilité de la charge.
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À propos de l’auteur
Joël Obitz est entrepreneur et fondateur de MINOBIA, cabinet spécialisé dans l’intégration stratégique de l’intelligence artificielle au sein des PME et ETI. Fort de 20 ans d’expérience dans le B2B industriel, il accompagne les entreprises dans leur transformation numérique, avec une approche directe, pragmatique et orientée résultats.
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