Autour de la table, la dernière session comptait douze dirigeants. Une vétérinaire à la tête d’une clinique de six salariés, un imprimeur de bâches publicitaires, le patron d’une société de conditionnement à façon, deux gérants de bureaux d’études, un carrossier, une dirigeante de cabinet de recrutement, un installateur d’alarmes. Aucun n’avait le même problème, tous avaient la même appréhension : passer une journée entière loin de leur entreprise. C’est cette contrainte-là, bien plus que le contenu pédagogique, qui structure la formation des dirigeants à l’IA en Essonne et Île-de-France.
La géographie pèse plus lourd que le programme
Un dirigeant de PME accepte de se déplacer quarante minutes le matin. Au-delà, il annule, ou pire, il vient et repart après le déjeuner. Nous l’avons appris à nos dépens en organisant une session à Nanterre pour un groupe dont la moitié des participants venaient de Seine-et-Marne. Trois défections la veille, deux départs anticipés.
Depuis, nous raisonnons par bassins plutôt que par région. Une session tenue près d’Orsay attire naturellement le sud du plateau et la vallée de l’Yvette. Une session à Provins ne rassemble pas les mêmes entreprises, ni les mêmes métiers : davantage d’agroalimentaire, de bâtiment, de négoce agricole, et des trajets qui se font en voiture, pas en RER. Le contenu reste identique. Les exemples travaillés en salle, non. Un exercice bâti sur des flux de commandes en ligne ne parle à personne dans un groupe de dirigeants du bâtiment rural.
Cette proximité a un effet que nous n’avions pas anticipé au départ. Les participants se connaissent parfois de vue, ils partagent des fournisseurs, des zones d’activité, des difficultés de recrutement. Les échanges de la pause de dix heures valent régulièrement autant que le module qui les précède.
Intra ou inter, un choix qui n’est pas budgétaire
La question tombe à chaque devis. Faut-il réunir un groupe de dirigeants d’entreprises différentes, ou faire venir le formateur dans ses murs ?
Notre réponse dépend de la taille. En dessous de vingt salariés, le format collectif l’emporte presque toujours : le dirigeant y trouve des pairs, il entend d’autres façons de poser les problèmes, il ose des questions qu’il ne poserait pas devant ses propres équipes. Au-delà de cinquante salariés, l’intra devient plus pertinent, parce que le sujet n’est plus la découverte mais l’arbitrage interne, et qu’on travaille alors sur les documents réels de l’entreprise, ses devis, ses comptes rendus, ses réclamations.
Un cas intermédiaire mérite d’être signalé, il concerne les groupements et les réseaux. Cinq dirigeants du même secteur, adhérents d’un même réseau d’affaires francilien, forment un groupe idéal : mêmes clients types, mêmes contraintes réglementaires, et une confiance déjà installée qui fait gagner deux heures dès la matinée.
Deux parcours, selon ce que vous comptez faire ensuite
Le premier niveau, l’Initiation IA, s’adresse au dirigeant qui veut comprendre de quoi on lui parle et repérer, dans sa propre entreprise, deux ou trois endroits où ces outils auraient un sens. Une journée suffit. On y travaille sur des cas apportés par les participants, pas sur des captures d’écran génériques.
Le second, la formation Référent IA, vise la personne qui portera le sujet dans la durée. Ce n’est pas toujours le dirigeant, et c’est heureux. Dans les entreprises franciliennes que nous accompagnons, ce rôle échoit souvent à un responsable administratif ou à un chargé de qualité, quelqu’un qui connaît les procédures et que les équipes écoutent. Le parcours y est plus long, plus technique sur les questions de données personnelles, et il inclut ce que personne n’aime préparer : la conduite du refus, quand une équipe rejette un outil.
Une remarque sur le mélange des profils, propre à ce territoire. L’Essonne juxtapose un tissu scientifique dense et des entreprises artisanales installées depuis trois générations. Il nous arrive d’avoir dans la même salle un dirigeant qui manipule déjà des modèles de langage tous les jours et un autre qui découvre ce qu’est une invite. Nous ne séparons pas ces deux publics. Le premier explique en langage d’entrepreneur ce qu’un formateur mettrait vingt minutes à démontrer, le second pose les questions de bon sens que le premier a cessé de se poser.
Ce que nous ne faisons plus
Les sessions à distance pour dirigeants, d’abord. Nous en avons animé quelques-unes. Le résultat est prévisible : caméras coupées, courriels traités en parallèle, et un taux de mise en pratique proche de zéro trois mois plus tard. Le format visio garde son intérêt pour les rappels courts, jamais pour la découverte.
Les formats longs, ensuite. Un cycle de cinq jours étalé sur deux mois séduit sur le papier et se vide à partir de la troisième séance. Nous préférons une journée dense, puis un point de suivi à distance quelques semaines plus tard, quand les participants ont essayé, buté sur quelque chose et rapporté des questions concrètes.
Enfin, nous refusons désormais les groupes de plus de quatorze personnes. Au-delà, la moitié de la salle se tait, et le formateur ne peut plus travailler sur les cas individuels, qui sont précisément ce que les dirigeants viennent chercher.
Financement, calendrier et inscriptions
Le financement d’une action de formation passe le plus souvent par l’opérateur de compétences de votre branche, et les modalités diffèrent selon la branche, la taille de l’entreprise et l’année. Nous n’annonçons jamais un taux de prise en charge sans que le dirigeant ait vérifié auprès de son propre OPCO : les règles changent, y compris en cours d’exercice. Les conseillers de France Num en région et les chambres consulaires savent également orienter vers les dispositifs franciliens ouverts au moment où vous appelez.
Sur le calendrier, un conseil pratique appris en observant les annulations : évitez juin et décembre. Les inscriptions se font au fil de l’eau, et nous constituons les groupes par bassin dès que six ou sept dirigeants d’un même secteur géographique se sont manifestés. Cela signifie parfois quelques semaines d’attente, et cela vaut mieux qu’une salle mal composée.
Trois mois après la session dont il était question au début, l’imprimeur de bâches a automatisé la rédaction de ses réponses aux appels d’offres. La vétérinaire, elle, a décidé de ne rien faire pour l’instant, et nous a expliqué pourquoi lors du point de suivi : sa priorité de l’année est le recrutement d’un second praticien. Ces deux réponses nous conviennent également. Une bonne journée de formation ne se juge pas au nombre de projets lancés, mais à la qualité des décisions prises ensuite, y compris négatives. Si vous voulez situer votre entreprise avant de vous inscrire, l’équipe MINOBIA propose un échange préalable, et notre article sur la formation des collaborateurs complète utilement le sujet côté équipes.
Questions fréquentes
Faut-il des connaissances techniques pour participer ?
Aucune. La journée d’initiation part du fonctionnement de votre entreprise, pas d’un cours d’informatique. Savoir utiliser une messagerie et un tableur suffit largement.
Où se déroulent les sessions en Essonne ?
Dans des salles louées au plus près du groupe constitué, ou dans les locaux d’une entreprise participante quand elle le propose. Nous privilégions un trajet inférieur à quarante minutes pour la majorité des inscrits.
Peut-on venir avec un collaborateur ?
C’est même recommandé pour les entreprises de plus de trente salariés. Le dirigeant décide, le collaborateur met en œuvre, et les deux gagnent à avoir entendu la même chose le même jour.
Quelle prise en charge espérer ?
Cela dépend de votre OPCO et des dispositifs régionaux ouverts. Posez la question à votre conseiller avant de bâtir un budget sur un chiffre entendu ailleurs.
Y a-t-il un suivi après la journée ?
Oui, un point à distance quelques semaines plus tard. C’est le moment où les questions deviennent précises, parce que les participants ont essayé pour de vrai.
Déployez les modules MINOBIA sur la formation des dirigeants à l’IA en Essonne et Île-de-France
À propos de l’auteur
Joël Obitz est entrepreneur et fondateur de MINOBIA, cabinet spécialisé dans l’intégration stratégique de l’intelligence artificielle au sein des PME et ETI. Fort de 20 ans d’expérience dans le B2B industriel, il accompagne les entreprises dans leur transformation numérique, avec une approche directe, pragmatique et orientée résultats.
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