Un projet se juge le jour de la bascule. Pas au moment de la démonstration, pas à la signature du devis : le matin où l’ancien tableur est fermé et où quinze personnes doivent travailler avec autre chose. Sur un chantier mené chez un traiteur de surface de vingt-cinq salariés à Wissous, ce matin-là a duré trois heures avant que le chef d’atelier ne demande à revenir en arrière. Nous avons dit oui. C’est ce genre d’épisode, plus que les plaquettes, qui définit ce que fait MINOBIA en développement IA de projets à la mesure de votre PME.
Ce que recouvre réellement un développement spécifique
Le mot fait peur, souvent à raison. Dans l’esprit de beaucoup de dirigeants, il évoque un budget qui dérape et un logiciel dont personne ne veut. Nous partageons cette méfiance et nous refusons régulièrement des demandes pour cette raison précise.
Le développement se justifie quand une règle métier n’existe nulle part ailleurs. Chez ce traiteur de surface, le prix d’une pièce dépend de sa surface développée, du traitement demandé, de l’épaisseur de dépôt, du nombre d’accrochages possibles sur un cadre et du taux de charge des bains. Cinq variables, une centaine de combinaisons courantes, aucun logiciel du marché ne sait faire cela. Le dirigeant chiffrait lui-même les affaires depuis dix-neuf ans, à raison de quarante minutes par devis complexe.
La brique développée avec Modul’IA a ramené ce délai sous les cinq minutes, avec un écart moyen inférieur à trois pour cent par rapport au chiffrage du dirigeant. Elle n’a rien inventé. Elle a mis en équations ce qu’il faisait de tête.
Le calendrier réel d’un projet de cette taille
Huit à quatorze semaines, pour un budget qui se situe le plus souvent entre quinze et soixante mille euros selon le nombre d’interfaces à ouvrir. Voici comment ces semaines se répartissent, et la répartition surprend en général.
- Deux à trois semaines d’extraction et de mise au propre des règles métier, en atelier avec les personnes qui les appliquent réellement.
- Une semaine de reprise des données historiques, presque toujours plus sale que prévu.
- Trois à cinq semaines de construction, avec une version manipulable dès la deuxième.
- Deux semaines de recette en conditions réelles, sur des dossiers dont on connaît déjà la bonne réponse.
- Deux à trois semaines de fonctionnement en parallèle avec l’ancien circuit, avant l’arrêt de ce dernier.
Le codage occupe donc moins de la moitié du calendrier. C’est normal, et un prestataire qui promet l’inverse n’a pas compris où se trouve la difficulté.
La recette, moment que personne n’aime et que tout le monde bâcle
Recetter un outil de chiffrage ne consiste pas à vérifier qu’il fonctionne. Cela consiste à chercher les cas où il se trompe.
La méthode que nous imposons est ingrate : reprendre soixante à cent dossiers réels des deux dernières années, faire tourner l’outil dessus et comparer ligne à ligne avec ce qui avait été facturé. À Wissous, cette confrontation a fait apparaître onze écarts significatifs. Neuf venaient d’une règle mal comprise de notre côté. Deux venaient d’erreurs de chiffrage du dirigeant, qu’il a découvertes à cette occasion.
La recette n’est pas une formalité de fin de projet. C’est le projet.
Ce que nous livrons en plus du logiciel
Un développement livré sans ce qui l’entoure devient une dette en dix-huit mois. Quatre éléments accompagnent donc systématiquement la mise en production, et ils figurent au devis.
Cet engagement au-delà de la livraison est la marque du Forward Deployed Engineer, un profil venu de la Silicon Valley dont la méthode se transpose bien aux PME.
Le code source et les accès appartiennent à l’entreprise cliente, pas au cabinet, ce qui doit être écrit noir sur blanc et vérifié dans le contrat de tout prestataire. La documentation décrit les règles métier en français, pas seulement en langage informatique, de sorte qu’un successeur puisse comprendre pourquoi un calcul donne ce résultat. Une période de garantie couvre les corrections pendant les premiers mois d’usage réel, quand les vrais défauts apparaissent. Et un point de suivi à trente puis quatre-vingt-dix jours vérifie l’usage effectif, pas la disponibilité du service.
Sur les projets qui touchent des données personnelles, un registre de traitement est établi avec le client et le cadre défini par la CNIL est intégré dès la conception plutôt qu’ajouté après coup, où il coûte trois fois plus cher.
Les demandes que nous refusons
Elles se rangent dans trois familles. Celles où un logiciel du marché fait déjà quatre-vingt-dix pour cent du travail pour un dixième du prix : nous le disons et nous perdons l’affaire, ce qui est préférable à la perdre six mois plus tard. Celles qui demandent une prédiction sur un historique trop mince, moins de deux ou trois ans de données propres, où le résultat sera une illusion statistique coûteuse. Et celles où le commanditaire est le seul à vouloir le projet, sans aucun opérationnel derrière lui.
Cette troisième famille est la plus fréquente et la plus difficile à refuser, parce que l’interlocuteur est convaincu et pressé. Nous avons appris à le faire.
Après la livraison, la vie de l’outil
Un outil métier vit trois à sept ans et évolue en permanence : un nouveau traitement s’ajoute au catalogue, un client impose son format de commande, la réglementation bouge. Ces évolutions représentent chaque année entre dix et vingt pour cent du coût initial, et il vaut mieux le budgéter que le découvrir.
La bonne façon de tenir cette durée est de ne pas dépendre d’un prestataire unique. Nous formons donc systématiquement un Référent IA chez le client, et les équipes concernées passent par une journée d’Initiation IA avant la mise en production plutôt qu’après. Les projets qui intègrent une part de projection, avec un moteur du type Predict’IA, demandent en plus un réentraînement périodique dont la fréquence se décide au cadrage. Sur le financement, les dispositifs de BPI France, le programme Osez l’IA et le diagnostic France Num couvrent une partie de l’investissement, à condition d’être instruits avant le démarrage. Les autres briques du catalogue restent consultables parmi les modules MINOBIA.
Le chef d’atelier de Wissous a repris l’outil le surlendemain de sa demande de retour en arrière, après deux corrections mineures. Il s’en sert tous les jours depuis. C’est à peu près la seule mesure de réussite à laquelle nous croyons pour un projet de MINOBIA en développement IA de projets à la mesure de votre PME. Si vous avez une règle métier qu’aucun logiciel du marché ne sait traiter, un rendez-vous de cadrage permet de dire assez vite si un développement se justifie ou non.
Questions fréquentes
Qui est propriétaire de ce qui est développé ?
L’entreprise cliente, code et accès compris. Nous considérons qu’un prestataire qui garde la main sur ces éléments crée une dépendance dont le client paiera le prix tôt ou tard.
Que se passe-t-il si le projet dérape ?
Nous découpons en jalons courts avec une décision de poursuite à chacun. Arrêter à la troisième semaine coûte moins cher que livrer un outil dont personne ne veut.
Peut-on démarrer par un prototype ?
Souvent, oui, sur deux à trois semaines et un périmètre étroit. C’est la meilleure façon de vérifier qu’une règle métier est modélisable avant d’engager le budget complet.
Comment se branche-t-on à notre logiciel de gestion ?
Par une interface applicative quand l’éditeur en propose une, par des échanges de fichiers programmés sinon. Cette question doit être posée à l’éditeur avant le devis, car elle change fortement la charge.
Et si nos équipes n’adoptent pas l’outil ?
C’est le risque principal, avant le risque technique. Il se traite en associant les opérationnels dès l’extraction des règles, jamais en fin de parcours par une séance de présentation.
Faites chiffrer votre projet sur mesure par MINOBIA.
À propos de l’auteur
Joël Obitz est entrepreneur et fondateur de MINOBIA, cabinet spécialisé dans l’intégration stratégique de l’intelligence artificielle au sein des PME et ETI. Fort de 20 ans d’expérience dans le B2B industriel, il accompagne les entreprises dans leur transformation numérique, avec une approche directe, pragmatique et orientée résultats.
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